Fabrication des ombrelles

Après avoir étudié la fabrication du papier SA, nous nous dirigeons vers le village de BORSANG, appelé également ici « Umbrella VIllage ».

Nous visitons la coopérative installée à l’entrée du village. Dans cet établissement, les femmes (et quelques hommes) fabriquent les ombrelles en bambou et papier. Chaque étape du processus de fabrication se déroule devant nos yeux. Toutes les petites mains sont installées tout autour d’une cour intérieure et nous montrent comment chaque morceau d’ombrelle est créé.

  1. Un tourneur sur bois usine les manches et les capuchons de l’ombrelle. Il part de petites pièces octogonales grossières pour aboutir à un manque tout en rondeur, lisse. Le geste est précis et rapide. En 2 minutes, le manche est terminé et l’ouvrier enchaîne sur une nouvelle pièce.
  2. A côté, une vieille dame remue de l’eau dans un bassin à l’aide d’une rame. On devine une pulpe rose dans l’eau. Quand celle-ci est suffisamment en suspension la dame plonge un tamis et remonte une couche ainsi une fine pellicule d’écorce qui sera mise à sécher pour réaliser un papier SA. Il faudra 5 couches d’écorce pour réaliser une feuille de papier SA.
  3. Quelques pas plus loin une toute petite dame très maigre accroupie s’affaire à graver un sillon autour de rondins de bambous à l’aide d’un bâton munie d’une pointe et d’une butée.
  4. Tout à côté, une dame tient une petite machette à la main. Elle s’empare de ces tubes de bambou et le pose debout sur une brique. Un petit coup sur le dessus pour fixer la lame dans la paroi. Un deuxième coup pour fendre le rondin jusqu’à mi-hauteur. La lame est décalée d’un centimètre et le bambou est de nouveau fendu dans le sens des fibres. Le fait de ne pas fendre jusqu’au bout le bois, permet de garder des lots d’environ 10 lamelles toujours rassemblés.
  5. C’est à l’atelier suivant que les lamelles sont séparées une à une pour être légèrement affinées dans le sens de la longueur. Au milieu, la tige sera entaillée dans le sens de la longueur (pourtant la tige n’est pas large !) et un trou sera percé au milieu de la tige qui sera alors enfilée sur un petit fil de coton d’un mètre environ. Ces lots sont destinés aux personnes suivantes.
  6. Nous arrivons à l’assemblage de la structure de l’ombrelle. Les lamelles sont enfichées dans le capuchon de bois. Un fil de coton traverse chaque lamelle pour fixer les lamelles ainsi articulées. Pour garder le fil tendue lors de l’enfilage, l’ouvrière l’enroule autour de son gros orteil.
  7. 2 tailles de baleines seront nécessaires à la confection d’une ombrelle. Les plus petites soutiendront les plus grandes lamelles pour déployer l’ombrelle. Sur les grandes lamelles seront fixées les toiles de papier.
    Une personne est dédiée à l’assemblage des 2 articulations qui sont rassemblées par un fil de coton traversant chaque lamelle percée lors d’une étape précédente.
  8. Une autre femme s’occupe alors de fixer l’écartement des baleines en cousant un autre fil de coton et d’aligner les articulations sur la cane de bambou. La finesse du fil et la légèreté de l’assemblage sont d’autant plus impressionnantes que ces ombrelles ont la réputation d’être diablement solides.
  9. Il ne restera plus qu’à coller la toile de papier sur l’ouvrage. Il est possible de les imperméabiliser. Certaines ombrelles sont faites de soie, un matériau fabriqué localement également.
    La décoration des toiles est réalisée à la peinture acrylique. Une petite dizaine de peintres se tiennent à disposition des visiteurs pour décorer les coques de téléphone, tee-shirts (achetés à la boutique) ou sacs à dos. Aude s’est vue proposée de personnaliser sa poche de pantalon. En voyant le résultat, Mathilde et Élise ne se sont pas faites priées pour se faire dédicacer leur pantalon de voyageuse 🙂
    des éventails aussi sont décorés. Comme pour les ombrelles, on en trouve de toutes les tailles. Les motifs sont assez incroyables pour certains. Les couleurs, sont éclatantes.

 

Pour résumer, on sent que ça fait des centaines d’années que le procédé est bien huilé et redoutablement efficace. La dextérité, la rapidité, la précision des gestes répétés toute la journée durant sont tout bonnement impressionnantes. Le lieu que nous venons de visiter est une coopérative installée à l’entrée du village avant tout pour les touristes, Mais aujourd’hui il faisait frais et peu de gens se sont déplacés. De plus, je dois avouer que la mise en scène est très bien pensée et donne un très bon aperçu des étapes nécessaires à la réalisation d’une seule ombrelle.
On se rend également compte de la pénibilité du travail des personnes impliquées à la fabrication de ces objets d’art.

Mes respects mesdames !

 


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2 réponses pour “ Fabrication des ombrelles ”

  1. Très intéressant…. et très bien expliqué… vous devenez de vrais pédagogues…l’éducation nationale recrute!!!!! N’hésitez plus! Bises Sylvie.

    • Non merci, nous ne faisons pas dans le bénévolat 😀
      Si seulement on connaissait quelqu’un de sérieux dans le privé…

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