Thaïlande – mon bilan

Autant le dire tout de suite : la Thaïlande et moi, nous ne sommes pas du tout partis du bon pied. On a eu du mal et mis beaucoup de temps à s’accepter. Je n’avais encore jamais été confronté à cette situation. Il m’a fallu beaucoup d’efforts pour aller chercher un peu de plaisir à visiter à ce pays. Pendant presque la moitié du voyage, j’ai tout simplement eu l’impression de voyager à côté de mes pompes.

Maintenant, je sais très bien comment j’en suis arrivé là.

Notre prise de contact avec la Thaïlande s’est faite dans les tripes de la bouillonnante Bangkok. Je me suis retrouvé dépassé par cette ville, par cette ambiance proche du bidonville au milieu des rabatteurs et arnaqueurs de toute sorte, le tout par une chaleur accablante. Je voyage pour découvrir des paysages, des lieux différents, des coutumes différentes, et j’aime aller en toute liberté, là où la curiosité me pique. A Bangkok, il est impossible de relier 2 points à pieds à cause des distances énormes, ce qui vous place à la merci des taxis et tuk-tuk – arnaqueurs professionnels.

Après Bangkok, je me suis placé inconsciemment dans une bulle hermétique. De plus, Chiang Mai que nous avons visitée ensuite, restait une grande ville difficile d’accès à pied. Et malgré quelques belles excursions et rencontres, celles-ci n’arrivaient pas éponger les difficultés vécues au quotidien (cafards à l’hôtel, plus d’eau chaude, galères pour arriver aux lieux en questions…).

Bangkok m’a donc donné une furieuse envie de repartir en France. Mais Bangkok, ce n’est pas la Thaïlande.

Il m’a fallu trouver Kanchanaburi et Ayutthaya (les 2 dernières étapes de notre voyage) pour enfin trouver un peu de ce que je cherchais et me réconcilier avec une certaine Thaïlande, plus authentique, plus reposée et plus vivable.
Je pense que le temps nous a permis aussi de nous familiariser avec les codes et le fonctionnement du pays, de ses transports et sa population.

Une rencontre avec une autre famille française m’avait vraiment interloquée : ils avaient adoré Bangkok. Je n’aurais pas pu croire cette phrase capable d’être prononcée par une personne autre que masochiste ou extra-terrestre.

Lorsque nous avons préparé notre retour à Bangkok pour les 2 derniers jours de notre voyage, nous avons choisi un hébergement dans le quartier moderne de la ville, peuplé de buildings et de centres commerciaux (zone trop éloignée de notre précédent hébergement à de notre arrivée en Thaïlande).

Nous étions armés de notre expérience des transports en tuk-tuk, mais nous n’en avions pas besoin puisque le métro couvre toute cette zone. Dans ce quartier, il y a des trottoirs (larges en plus). Dans ce quartier, on ne voit presque pas de bus rongés par la rouille. Sur certains  boulevards, on ne trouve même pas de tuk-tuk… (tiens tiens, faudrait-il faire attention à ne pas choquer le touriste fortuné avec ces véhicules d’un autre âge ?).
Les balades que nous avons faites dans ce quartier ressemblent à celles qu’on aurait pu faire dans n’importe quelle grande ville de France ou d’Europe. J’ai compris qu’en abordant Bangkok sur ce versant artificiel et lissé, les touristes peuvent effectivement voir Bangkok comme une ville qui a réussi son développement alors que les habitants sont ultra pauvres, vivent dans des conditions insalubres inacceptables, et que les problèmes environnementaux sont tout allègrement et honteusement ignorés.

Je garde donc quelques bons souvenirs, mais globalement, le pays ne m’a pas donné envie d’y rester ni envie de revenir.


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