Autour d’Hoi An

Pour notre avant-dernière journée nous prenons des vélos pour aller voir la mer. Avec les filles sur les portes bagages, nous partons pédaler pendant 4 km. Dans le guide il est noté que la route est très agréable. Une fois de plus, je me sens en décalage avec l’auteur de ces lignes.

Je m’attendais à rouler tranquillement sur des routes de campagne. Que nenni, nous traversons la ville avec ses voitures, vélos, scooters. En plus nous avons pris la route à 16h, période de la journée où la circulation s’intensifie grandement. Vu depuis mon canapé français j’aurais tendance à être effrayée par ce que je fais. À vélo, sans casque avec ma fille à l’arrière, le tout au milieu d’un trafic anarchique. Étrangement, lorsque l’on est sur les lieux, la perception du danger reste présente mais d’un niveau inférieur. Nous faisons des choses que nous ne ferions jamais dans notre pays. Ici, nous avons l’impression que la prise de risque est quotidienne. Cela vient sûrement du fait que les vietnamiens croient en leur karma. « Qui accomplit de sombres actes récoltera de sombres résultats ; et qui accomplit des actes lumineux récoltera de brillants résultats. Les uns et les autres renaîtront dans des mondes qui correspondent à leurs actes ». Après reste à savoir si ne pas pouvoir mettre de casque à son enfant fait partie des bonnes ou des mauvaises actions…

Notre guide papier nous indique également que la plage est très jolie. Une fois sur place, la première  idée qui nous vient est que nous sommes en hiver ! En plus d’avoir une mer agitée, la configuration de la plage est particulière et l’on se demande comment elle peut inviter à la baignade. L’eau et le sable sont séparés par des gros sacs de sable faisant office de digue. Des petits tabourets, des chaises en plastiques et des tables matérialisent l’espace que se réservent les 3 vendeurs de boissons. Ici, saison haute ou saison basse, je pense que ces gens sont toujours là. Ces petits boulots permettent aux plus démunis de s’en sortir au quotidien.

Le matin du départ, le propriétaire du homestay où nous logeons propose de garder nos sacs pour la journée car nous ne quittons la ville que le soir. Cette solution nous semble plus sûre que de poser nos sacs à l’agence qui a fait notre réservation de bus.
La veille nous étions tombés par hasard sur une agence qui testait des circuits en minibus. L’expérimentation était gratuite pendant 2 jours. Nous saisissons l’opportunité pour aller visiter les jardins de l’écovillage. Nous nous promenons entre les rangées de salades, choux et herbes aromatiques. Certains paysans sont en train d’arroser. Nous pouvons voir plusieurs techniques. Tout d’abord l’arrosage automatique et le tuyau d’arrosage que nous connaissons tous, puis l’arrosoir. Pour gagner du temps la personne utilise deux arrosoirs en même temps. Ils sont installés de part et d’autre d’un bâton que le jardinier porte sur ses épaules. Notre promenade nous amène jusqu’à un petit restaurant qui propose des cours de cuisine. Nous essayons la fameuse roue à eau qui permettait de remplir un bassin d’eau depuis la rivière. La roue s’actionne avec les jambes, une technique qui a bien plu aux filles.

Nous reprenons notre minibus pour faire un petit tour de la ville. La responsable de ce projet nous demande une évaluation du service. Elle nous explique ses motivations et ses craintes de mère de famille. Ici les enfants se rendent à l’école en scooter électrique ce qui est responsable de nombreux accidents. Son idée est alors de proposer un système de ramassage scolaire qui ferait le tour de la ville tout en profitant aux touristes qui veulent visiter facilement les alentours.
Finalement, certains ne misent pas tout sur leur karma !


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