L’île fantôme

Arrivés à Cat Ba, le mini bus nous dépose à l’hôtel où nous sommes accueillis par un personnel soucieux de nous saluer en français. Cette marque de politesse est appréciée le matin, le premier jour… Mais ici c’est à chaque fois que l’on croise le staff que nous avons droit à leur listing de vocabulaire français sans que cela entre dans un contexte. Ils sont 4, 5 ou 6 dans le hall de l’établissement à jouer sur l’ordinateur ou danser devant la télé. Nous nous demandons réellement leur rôle. Nous avions espéré pouvoir manger au restaurant de l’hôtel, mais ils sont tellement collant avec les filles, que nous choisissons de déserter à chaque repas. Dans la rue, les filles aiment regarder tous les aquariums disposés en vitrine des restaurants pour lesquels il est courant de choisir le poisson ou les crustacés que l’on veut manger.

Sur l’île de Cat Ba nous imaginions passer 3 jours loin de la circulation en profitant pour nous promener. Finalement, le soleil nous a quitté, nous avons ressorti nos vestes. Les rues sont désertes, tout comme les restaurants. Nous profitons de la digue de ses rabatteurs souhaitant nous voir nous attabler à leur terrasse abandonnée. Nous avons toutefois réussi à braver le froid pour marcher jusqu’aux 2 plages de Cat Ba, reliées par un agréable petit sentier accroché à la falaise.

Notre meilleur souvenir sera probablement les parties d’échecs chinois jouées par des vietnamiens assis sur un tapis. Nous n’arrivons pas à nous faire expliquer les règles par le vieux monsieur qui les regarde jouer. Mais c’est très amusant à observer. Les joueurs sont entourés de leurs amis qui assis autour d’eux. Quand la partie commence a se tendre, toutes les personnes autour du plateau y vont de leurs conseils en bougeant carrément les pièces eux-même et en s’engueulant (gentiment). A la fin, ça finit toujours en un grand n’importe quoi, les joueurs n’arrivent même plus à en placer une, mais ils sont tous mort de rire, et nous aussi par la même occasion. On apprendra par la suite que c’est un jeu très populaire ici. Les partie sont bien plus rapide que nos échecs, et on trouve souvent des chauffeurs de taxis jouer sur un bout de trottoir en attendant les clients.

Il fait quand même froid et nous cherchons désespérément un café avec des portes où il sera possible de faire les devoirs à l’abri des courant d’air. C’est au 3e étage d’un hôtel que nous trouvons notre bonheur… ou presque. Les lieux sont vides. Nous commandons une boisson chaude pour récupérer quelques degrés. Ben fera alors la connaissance du café vietnamien ! La serveuse apporte un petit verre avec, au dessus, une petite cafetière. Dedans, le café moulu et de l’eau chaude. La café est en train de passer ! Sauf qu’au bout de 20 min, il n’y a toujours que 3 cl dans le verre. Ben va signaler à la dame que ça ne convient pas. Elle remet de l’eau. Bon….. finalement je décide de prendre les choses en mains en remuant la mixture pour accélérer le processus. Le résultat final est un café totalement imbuvable. Nous apprendrons par la suite que les vietnamiens cultivent essentiellement du robusta, un café très fort, qu’ils boivent avec du lait concentré (avis aux amateurs, je veux bien vous en ramener !).

Après cette pause revitalisante… non je rigole ! Nous partons à la recherche d’un moyen efficace pour quitter cette île. La solution sera la suivante : bus-boat-bus-bus comme nous dit la dame ! Ok, en attendant on se réconforte devant un dernier coucher de soleil si particulier dans ce pays.

Le lendemain matin nous prenons le bus pour le petit port situé à l’opposé de l’île. Ce trajet nous donne l’occasion de découvrir un peu plus la nature qui occupe les lieux. Il y a beaucoup de forêt, de petites montagnes. A l’arrivée nous trouvons également des rizières. Nous avions hésité à faire le trajet en scooter, mais lorsque nous voyons l’état déplorable des routes et comment roule le bus, nous sommes contents de ne pas avoir été aussi téméraires.

Le trajet s’enchaine ensuite facilement. Un bateau nous attend. Les sacs sont alors entassés à l’arrière et nous, nous sommes assis sur les petits tabourets en plastique dont on se moquait avant de partir ! Nous espérons juste que le capitaine ne sera pas une tête brûlée comme le précédent, car sinon nous pouvons dire adieu à nos sacs à dos… et à nous même ! Plus de peur que de mal, la traversée fut calme. Nous avons juste coupé la route à un cargo…
De retour sur le continent, le 2e bus est là pour nous amener jusqu’à la gare routière où nous prendrons un 3e bus pour Ninh Binh, nous avons encore 3h de route.

A la station de bus c’est toujours le même protocole. Le bus se gare, les taxis et rabatteurs rappliquent. A ce moment, il ne faut écouter que soi-même. Veiller à ce que les enfants soient avec nous, que nous n’avons rien laissé dans le bus, récupérer les sacs et remettre notre paquetage sur le dos et s’éloigner autant que possible pour sortir la carte et trouver un vrai taxi. Tout cela au milieu des gens qui vous crient : »taxi, taxi, where are you from ? where do you go? Hotel ! hotel ! Moto-taxi ? ». Le Vietnam est un pays où il ne faut pas écouter les habitants si l’on veut éviter les arnaques. Ça demande plus de temps de préparation pour chaque sortie. Heureusement, l’accès à internet nous facilite la vie.


«

»

Une réponse pour “ L’île fantôme ”

  1. J’adorerais apprendre les échecs chinois!!!! Des échecs où l’on rigole: dément! J »espère que vous avez fait des vidéos….

Les commentaires sont fermés.